Origine et histoire du Château de Jarnioux
Le château de Jarnioux est un ancien château fort fondé à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle, situé sur la commune de Jarnioux dans le département du Rhône. Il a été profondément remanié entre le XVe et le XVIIe siècle. Le site, inscrit partiellement aux monuments historiques en 1966, se compose d’une enceinte pentagonale avec un donjon cylindrique de 30 mètres et des tours rondes aux angles. Une barbacane carrée, encadrée de flanquements circulaires, précède l’ensemble, tandis qu’une chapelle castrale surplombe l’entrée principale.
La première mention écrite du château date de 1284, bien que sa fondation soit attribuée à la famille de Gleteins, seigneurs de Jarnioux depuis au moins 1286. Cette famille, originaire de la Dombes, possède le fief jusqu’au milieu du XVe siècle. Parmi ses membres, Louis de Gleteins, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, finance la construction d’un pont sur l’Azergues. Albert de Gleteins, quant à lui, profite des troubles liés au passage de l’armée de Charles VIII pour piller les villages voisins, avant d’être contraint de payer une lourde rançon à l’abbé d’Ainay.
Au XVIe siècle, le château passe aux mains des Propières, puis des Henry, une famille influente dont plusieurs membres occupent des charges prestigieuses. Jean Henry, receveur général des provinces de Lyonnais, Bourgogne et Auvergne, et son fils Guyot, militaire, marquent cette période. La famille Henry ajoute des éléments Renaissance, dont une aile attribuée à l’architecte Philibert Delorme. Les armoiries de la famille, visibles au-dessus de l’entrée, témoignent de leur présence.
Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : les Lostanges, avec Laurent, lieutenant-colonel tué à la bataille de Lutzelberg, puis les Sahuc de Planhol, dont Jacques Michel est trésorier de France à Grenoble. Enfin, en 1779, Gabriel de Clavière, conseiller du roi à Lyon, acquiert la seigneurie par mariage avec Charlotte Sahuc de Planhol. Leurs descendants, toujours propriétaires, donnent parfois au château le nom de « château de Clavière ».